Historique du Flamenco

Le Flamenco est issu d'une tradition vivante qui remonte à la plus haute antiquité. 
Il s'organise autour de 3 axes : Le chant (cante); La danse (baile); et la guitare (toques). 
Le Flamenco n'a pas un genre unique, il existe des centaines de genres de morceaux différents.
Chacun d'entre eux possède une atmosphère propre et beaucoup sont des variantes régionales d'Espagne.Bien que largement ouverts à la composition personnelle, les genres du Flamenco sont gouvernés par des règles aussi strictes que celle de la composition classique. Cet art du peuple est modelé par la joie, la souffrance. Le Flamenco est constamment influencé et modifié par le contexte social dans lequel il trouve ses racines.

Les origines du Flamenco

Les origines du Flamenco sont très floues et brumeuses. Même l'origine du mot Flamenco demeure inconnue. Certains pensent que le mot viendrait de la corruption de "Felag mengu" (Paysan fugitif en langue arabe) qui s'appliquerai aux gitans après leur proscription à la suite de l'expulsion des Maures hors d'Espagne. D'autres théories se basent sur le sens littérale du mot Flamenco (Flamand) et émettent une relation avec les serviteurs venus des Flandres faisant partie de la suite du couronnement de Charles Quint au 16eme siècle. Cet homme victime de ressentiment, on suggère que Flamenco devint un terme général d'insulte appliqué ensuite aux gitans. Mais en fait, personne n'est réellement certain de quoi que ce soit.

Des influences culturelles très variées, présentes en Espagne, ont laissé leur empreinte sur le Flamenco. En 711, les Maures conquirent "l'Al Andalus" et maintinrent leur domination jusqu'a leur expulsion finale de Grenade par le roi Ferdinand et la reine Isabelle en 1492. Ainsi, durant ces siècles, les envahisseurs Islamiques ne détruisirent pas : ils assimilèrent. Les nations conquises eurent le droit de conserver leurs religions personnelles. L'Espagne en tira un bénéfice musical immense, et l'on peut encore entendre dans le Flamenco l'influence arabe (techniques enharmoniques, utilisant des intervalles plus petits que le demi-ton.) 

Les Gitans et le Flamenco

Pendant la période de domination Islamique en Espagne (711-1492), les gitans, originaires d'Inde, atteignirent l'Espagne et reçurent l'autorisation d'y rester. Apres le départ des Islamiques, la tolérance culturelle pratiquées par les Maures n'a pas survécu à leur départ. Ainsi en 1499, les premières lois contre les gitans apparurent, le nomadisme fut déclaré hors la loi.

Les gitans abandonnèrent les villes et se réfugièrent dans les collines et les grottes. Leur isolement par rapport à la société les isolèrent dans un développement artistique séparé. Le Flamenco fut finalement crée par la fusion du Cante Gitano avec la musique traditionnelle andalouse.
C'est vers la fin du 18ème siècle que l'attitude officielle à l'égard des Gitans commença à s'assouplir. Mais les gitans restaient encore très discrets sur leur musique, qui se pratiquait en privé, en cercle fermé, sans que les étrangers ne puissent l'entendre. 

L'évolution du Flamenco
 
C'est seulement dans la deuxième partie du 19ème siècle que le Flamenco se démocratisa et devint un art présenté au public. C'est l'avènement des Cafés cantates (bar-concerts de l'époque) qui à partir de 1842 enclencha ce phénomène d'expansion du Flamenco. C'est aussi grâce à ces cafés cantates que l'on vit apparaître des artistes avec des répertoires beaucoup plus diversifiés. En effet, ces cafés cantates servirent aussi à rapprocher les traditions Andalouse (Malaguenas, Verdiales, Granadinas, Tarantas) et gitane (Seguiriyas, Soleares, Martinetes, Bulerias, Tangos...) Le chanteur resta le personnage principal, mais avec le temps le guitariste prit de plus en plus d'importance. Le niveau général de compétences s'améliora et les guitaristes inventèrent de nouvelles techniques.

En 1910, la grande époque des cafés cantates était révolue, les goûts du public s'orientèrent vers un style de voix plus raffiné. Ce fut l'époque de la présentation théâtrale du Flamenco, de l"Opéra Flamenco" et du "Flamenco Ballet". Après l'incursion du Flamenco dans le théâtre et la popularité croissante des concerts de guitare classique, il pouvait sembler inévitable que tôt ou tard la guitare Flamenca ferait son début en solo dans les salles de concerts. De nombreux musiciens étaient persuadés que la guitare devait se limiter à un simple rôle d'accompagnement, ce qui retarda cet événement.

Le Flamenco aujourd'hui

Dans les années 1950, on vit réapparaître un intérêt pour le véritable Flamenco. A l'étranger, l'intérêt pour le Flamenco continue à grandir. Les concerts solos voient leur popularité s'accroître d'une façon étonnante. Les changements récents qui ont eu lieu dans le monde du Flamenco sont encore trop proches pour que nous puissions en tirer des conclusions. Cependant on peut noter en réaction à ce changement deux tendances : d'une part, on trouve les traditionalistes qui gardent des styles biens établis. D'autre part, on trouve une école moderne, formée d'artistes groupés qui adoptent de nouveaux éléments afin de moderniser leur art sans en trahir l'essence ( certains sont inspirés du jazz et de la musique latino-américaine ) 

Certains signes montrent que le Flamenco pourrait devenir un art international, sans toute fois perdre ses racines espagnoles. Son expansion n'est pas finie.

 

Ana La China

Ana La China débute sa formation de danseuse à Séville avec Manolo Marin et Angelita Vargas. Puis elle s'établit à Grenade en 1992 et travaille avec Alfredo Iago, Juan Carmona et Chicharrito, avec lesquels elle donne de nombreux spectacles en Espagne et à l'étranger. Elle collabore parallèlement avec des musiciens de Grenade : Rafael Habichuela, Antonio Solera, Jaime Heredia, Pedro Carmona et Miguel Angel Cortes notamment, avec lesquels elle se produit au Festival "Noche del Albaicin" à la Pena de la Plateria, à la Casa Patas de Madrid, ainsi qu'en France, au Portugal, en Suisse et en Italie.

Elle entreprend également en 1993 une collaboration avec les chanteurs Antonio et Manuel Malena et les musiciens de Jerez, Luis de la Tota et Domingo Rubichi et participe avec eux en 1995 à la création du spectacle "La Route Tzigane" donné en France et à Hong-Kong, avec les musiciens Manganyiar du Rajasthan et le Taraf de Haidouk de Roumanie, puis de la rencontre entre le kathak et le flamenco " De Bénarès à Jerez " avec le danseur Ravi Shankar Mishra.
Parallèlement à la poursuite de tournées en Europe avec ce groupe, elle enseigne régulièrement la danse flamenca à Genève, dans le cadre des Ateliers d'ethnomusicologie, ainsi qu'en France.

Site de Ana la China

Ecole de danse Genève : http://www.adem.ch/presentation.html


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