Je t’ai faite mais tu me construis

Je t’ai faite mais tu me construis; c’est ainsi que j’ai appelé le poème que je t’ai offert à ton dernier anniversaire ma douce Sarah.

Trois années ont passés, trois années intenses de découvertes nouvelles car depuis, mes yeux se sont ouverts sur des choses qui existaient certes déjà, mais que je n’étais pas capable de voir où qui étaient trop loin de ma vue. Des différences; la guerre, la misère, l’injustice, la maladie, la douleur et la peine etc. étaient là mais ma visibilité était bien trop brouillée par d’autres choses futiles qui m’éblouissaient.

Sarah, tu m’as retiré ce brouillard, tu m’as, depuis, transmis ton regard sur le monde mais tu m’as surtout donné la force de l’affronter, concrètement, au travers mes nouveaux déplacements, à la rencontre de bien des différences.

Sur cette nouvelle route, chemin faisant, combien de personnes extraordinaires je rencontre, moi qui avais si peu voyagé ! De personnes de culture d’ailleurs, que je prends plaisir à écouter, qui me font découvrir tant de réelles nouveautés, de personnes si riches, pas tant en biens matériels qu’en richesse intérieure. C’est à travers toutes ces rencontres que je « grandis » captivée aujourd’hui par l’autre, par les autres, par les Z’iotres même ! Que de fausses certitudes banalement ancrées se sont elles effondrées tel un château de cartes ! Aujourd’hui je souhaite à présent plus que tout partager, ne plus simplement recevoir, ne serait ce t-il pas finalement l’essentiel ? A la quête d’une certaine existence que je souhaite plus apaisée en âme et conscience.

Trois ans de sentiments profonds, en communiquant, avec tes amis, tes élèves, des gens rencontrés grâce au site en ton hommage, qui comme moi ont perdu un être cher, ou simplement d’autres internautes avec qui l’amitié, la tendresse et de l’affection sont nées. J’ai appris à aller vers les autres, je me suis en quelque sorte découverte, nouvelle. Je me découvre encore chaque jour, je suis plus ouverte, plus à l’écoute, ainsi, par là même, les gens doivent ils se sentir plus à l’aise; ils se confient certainement d’avantage, différemment aussi. Ainsi je suis à présent convaincue que le rapprochement en est facilité. Sans faux semblant, l’échange est d’autant plus profond et sincère. Avec cette nouvelle vision du monde et des choses, ce nouvel angle de vue, ce sont de plus justes sentiments, qui en prévalant aujourd’hui sur les apparences d’hier, ensoleillent mon cœur et me procurent immense bonheur et sérénité.

Quasiment chaque rencontre tu es présente et très souvent mes interlocuteurs soulignent à propos à quel point ta présence adoucit une certaine souffrance et peut aussi porter conseil dans le doute par exemple. Pourtant ces personnes ne t’ont dans la plupart des cas jamais rencontré lors de ton passage sur terre. Que de plus beau alors pour moi, que de constater que tu es, finalement bel et bien toujours présente. Beaucoup d’entre elles, repartent avec le cœur peut être plus léger ; avec le sourire et l’espoir en elles !

Trois ans de souvenirs qui ressurgissent en un clin d’œil, à n’importe quelle occasion, à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit, en nombre incroyable, doux, tendre, drôles ou périodes clé, plus sérieuses. Je les vois et je les revis bien différemment, évidemment que par le passé, plus intensément en tous les cas car, avec le recul, je ne vois plus que les beaux moments et grands nombres de souvenirs obscurs se sont atténués. J’aime me rappeler vos jeux d’enfants dans le parc, toi, Yannick et vos petits camarades, vos bricolages pour gâter la famille à Noël, si appliqués, vos supers moments de déguisements avec tant de rires. Tu aimais ce rôle de petite princesse, tu étais si belle ainsi vêtue et maquillée ! Plus tard, tu as gardé ce coté émerveillé que j’ai pu voir dans tes yeux à chaque fois ou tu enfilais un nouveau costume de danse orientale. Cela me rendait si heureuse de pouvoir les retoucher, ajuster à ta taille afin que tu sois encore plus belle, d’être si complice toi et moi. C’était pareil pour tes coiffures et ton maquillage, pur plaisir pour moi d’être aussi ton assistante et manager à la fois. Je souris.

Je me suis souvenue de nos vacances à la mer ou tu cherchais des heures durant et tous les jours des coquillages. Tu étais éblouie par leur beauté et même s’ils se ressemblaient, tu trouvais qu’ils avaient une différence et donc qu’il fallait les garder pour ta collection. Je me rappelle aussi les longues heures que tu passais avec tes Barbies et j’ai adoré les bichonner avec toi, les habiller et les coiffer. Jamais je ne voudrais me séparer de ta magnifique collection. Que de tendres moments entre nous deux, unies, sereines à découvrir et partager !

Je pourrais en raconter pendant des heures, car maman au foyer à plein temps permet de vivre tous les instants, les bons et certains moins aussi avec ses enfants. O combien je remercie le ciel de m’avoir accordé cette chance inouïe, d’avoir pu donner tout cet amour et recevoir autant en retour.

Serait-ce tout cela qui fait qu’aujourd’hui nous sommes toujours aussi proches et que tu es toujours à mes cotés pour me guider ?

Sarah et Yannick, je vous aime de toute mon âme.

Yvette, 6 février 2007

Je t’ai faite mais tu me construis

Le temps s‘est arrêté mais l’heure tourne
Et tu me conjures d’avancer,
Promettre de danser la vie

Je t’ai faite mais tu me construis

Tu es mon étoile de berger
Qui me guide en pensées
Pour simplement, toi et moi
Continuer à partager
L’âme même de notre essence
Celle qui fait briller l’existence;
Le sourire à la vie, le partage avec des amis

Si souvent je m’interroge
Je me tourne alors vers toi
Tu me montres de belles choses
Et me dis « ça c’est à toi »

Car nous avons en commun,
De croire en un certain destin,
Et de toujours avancer,
Quels que soient les tourbillons
Qui voudraient nous emporter

Oui nous avons en commun
Toi et moi
Avec passion
Une certaine communication
Qui me convainc d’affirmer
Que nous allons nous retrouver,
Et ce pour l’éternité

Et au jour de partir,
Ce sera alors ton tour
D’accepter avec amour
De bien vouloir m’accueillir

Nous n’en sommes encore pas là,
Car tu t’es métamorphosée ici bas
En l’espoir de ma renaissance
En l’espérance de ma victoire
Tous les jours au fond de moi

Je t’ai faite mais tu me construis
Ainsi en a décidé la vie


Ce poème a été enregistré en chanson
Merci à Sébastien au chant et à Vincent pour la réalisation musicale.
La chanson est ici en avant première, avant la sortie "officielle " du Cd
Je vous en tiendrai informé
"Cliquez sur l'ange pour l'entendre"